Deux mégaprojets, programmés en Tunisie, en loccurrence, le projet touristico immobilier « la Porte de la Méditerranée» sur les berges sud du lac de Tunis et le projet du Port en eaux profondes, prévu dans la zone dEnfidha, ont connu, ces jours ci, dimportantes avancées.
Ces deux mégaprojets sont des composantes dun ensemble dautres projets programmés dans le Grand Tunis, tels que Bled El Ward du groupe émirati El Maabar, Tunis sport-city de lhomme daffaires émirati Abou Khater et le port financier de Tunis.
Ces projets dune nouvelle génération ont pour point commun une vocation immobilière mais diffèrent par la spécificité de leurs produits. Chaque projet a pour mission de développer un produit bien détermine et a pour ultime objectif macroéconomique de contribuer à la création des conditions dune croissance plus rapide et plus soutenue.
La porte de la Méditerranée, cest parti
Concernant Sama Dubaï, société internationale de promotion immobilière et dinvestissement relevant de Dubaï Holding, elle vient dobtenir lapprobation par le gouvernement tunisien du plan daménagement de la nouvelle ville.
Le projet, qui coûtera 25 milliards de dollars contre 14 milliards annoncés initialement, sera réalisé en 14 étapes sur les berges sud du lac de Tunisie.
Selon M. Farhan Faraidoun, président du Conseil dadministration de Sama Dubaï, qui a tenu, le 11 septembre 2008, une conférence de presse à Tunis, la première tranche démarrera, fin septembre 2008, autour de lancien port de Tunis. Elle consistera en la construction, sur 4 ans au plus tôt et 5 ans au plus tard, de 16 buildings pour une valeur de 1,3 milliard de dollars, entièrement, à la charge de Sama Dubaï.
La société entamera, fin octobre 2008, la vente, sur plan et à des prix incitatifs, des premiers appartements et locaux.
La clientèle ciblée est universelle et touche toutes les catégories sociales : elle peut être de Tunisie, du bassin méditerranéen et maghrébin, des pays du golfe et du reste du monde et surtout des pays du golfe. Les étrangers peuvent acquérir des biens immobiliers sans avoir à en demander lautorisation au gouvernement tunisien qui sera, néanmoins, tenu informé de toute transaction.
Sagissant de lemploi, la priorité sera accordée, selon M. Farhan Faraidouni, aux ressources locales « autant que possible ». Jusquici, quelque 2500 demandes dembauche sont parvenues, à Sama Dubaï, à Tunis.
Concernant le financement du projet estimé à 25 milliards de dollars, il ne sera pas assuré, toujours selon M.Farhan Faraidouni, dans sa totalité par Sama Dubaï mais avec le concours dautres investisseurs probablement locaux et étrangers. Ces derniers seront traités selon un ordre de priorité.
M. Mohamed Nouri Jouini, ministre du développement économique et de linvestissement extérieur, qui a assisté à la conférence de presse a fait observer que la Porte de la Méditerranée nest pas un projet immobilier classique mais un mégaprojet intégré qui comporte plusieurs composantes à vocation économique (services ) et touristique (tourisme de santé, daffaires et de congrès) et aura pour mission de contribuer à rapprocher la Tunisie du degré de développement atteint par les pays membres de lOrganisation de coopération et de développement économique (OCDE).
Concernant léventuel risque de voir cette nouvelle génération de projets se répercuter négativement sur le prix des matériaux de construction, M. Jouini a indiqué que des mesures ont été prises pour valoriser les substances utiles dont engrange le pays à travers la création de nouvelles cimenteries et pour importer dautres matériaux en fonction des besoins, relevant que la maîtrise des prix sera de rigueur car ni lEtat, ni les particuliers, ni les entreprises nont aucun intérêt à voir les prix de ces matériaux suivre un trend haussier.
Port en eaux profondes : Démarrage des travaux en 2009
Huit groupes ont été présélectionnés pour soumissionner le projet structurant du port en eaux profondes qui sera réalisé dans la zone dEnfidha (centre-est de Tunisie) pour un montant de 1400 millions deuros.
Les noms de ces groupes nont pas été révélés, au cours de la conférence de pré-soumission (présentation) du projet, tenue le 15 septembre 2008, à Gammarth (proche banlieue de Tunis), à lexception du groupe Dubai World, spécialiste dans la gestion des ports dont la présélection a été annoncée sur le net.
Les entreprises retenues sont originaires de six pays : Koweït, Emirats Arabes Unis, Canada, Italie, Danemark et Portugal Elles ont été invitées à prendre connaissance des caractéristiques techniques du projet.
Le lendemain, elles ont eu accès, dans le cadre de la data room, à lensemble des informations juridiques, opérationnelles, comptables, fiscales et sociales sur le projet.
A retenir : le dernier délai pour présenter loffre financière est fixé au 25 décembre 2008. Le nom de linvestisseur sélectionné sera connu le premier semestre de lannée prochaine tandis que les travaux de réalisation du projet démarreront avant fin 2009.
Selon létude de faisabilité technico-économique élaborée par le bureau détudes hollandais « Royal Has-Koning » avec le concours dun partenaire tunisien «International Development Consultants» (IDC), lEtat tunisien va céder à linvestisseur qui sera retenu quelque 1200 hectares extensibles pour la réalisation du port en plus de 2000 hectares destinés à abriter une zone logistique, une sorte de zone franche. En contrepartie, la Tunisie recevra une redevance annuelle fixe par mètre carré, et une autre redevance variable selon le trafic du port.
Le projet a fait lobjet dune étude dimpact sur lenvironnement. Il en ressort que le risque de contamination de la nappe phréatique par leau de mer existe mais demeure, néanmoins, maîtrisable. Ce risque sera contenu à la faveur dune stratégie de gestion environnementale de la zone dEnfidha.
Principales composantes de cette stratégie : la construction, à la charge de lEtat tunisien, de deux barrages pour un coût de 150 millions de dinars (130 millions de dollars) pour protéger la zone contre les inondations et un plan daction pour lutter contre lérosion marine.
Au rayon des caractéristiques techniques, le cahier des charges fait mention de laménagement, dans une première étape, de 800 mètres de quais, pour atteindre 1,5 km dans la deuxième étape et une zone dactivité logistique pour rentabiliser le site valoriser, avec une réserve foncière de 3.000 hectares.
La capacité daccueil annuelle du terminal de conteneurs sélève à environ 5 millions de conteneurs, alors que la capacité de la station multidisciplinaire est de lordre de 4,5 millions de tonnes.
Ce projet, qui intégrera la Tunisie dans le réseau des autoroutes de la mer, un des objectifs de lUnion pour la Méditerranée, contribuera à combler un déficit de capacité portuaire en Méditerranée centrale et à relancer lactivité portuaire locale, actuellement saturée.