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News du 07/11/08

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- Vendredi 7 Novembre 2008 -


7 NOVEMBRE
 Anniversaire de la prise du pouvoir par Ben Ali

Au matin du 7 novembre, Ben Ali fait jouer l'article 57 de la constitution tunisienne et, sur la foi d'un rapport médical signé par sept médecins attestant de l'incapacité du président Habib Bourguiba d'assumer ses fonctions, le dépose pour sénilité. Il devient, en tant que successeur constitutionnel, président et chef suprême des forces armées. Dans une déclaration faite à la radio nationale, il annonce sa prise de pouvoir et déclare que « l'époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie ni succession automatique à la tête de l'État desquels le peuple se trouve exclu. Notre peuple est digne d'une vie politique évoluée et institutionnalisée, fondée réellement sur le multipartisme et la pluralité des organisations de masse ».

L'action sera par la suite justifiée par le fait que des mouvements intégristes préparaient un coup d'État et détenaient une liste de personnalités à assassiner. De plus, le rapport médical venait confirmer l'incapacité de Bourguiba à continuer à assumer les plus hautes charges de l'État, ce que Mezri Haddad résume ainsi :

    « Officiellement âgé de 84 ans, Bourguiba s'endort quand il reçoit un hôte étranger ; sous l'influence de ceux qui guignent la présidence, il chasse le lendemain le ministre qu'il a nommé la veille, il admet le remaniement ministériel proposé par son premier ministre pour se rétracter quelques heures après... pire que tout, il exige la révision du procès de l'intégriste Rached Ghannouchi (et la condamnation à mort de ce dernier) : « Je veux cinquante têtes [...] Je veux trente têtes [...] Je veux Ghannouchi ». »

Dans son livre Tunisie. Le destin recouvré, Moncef Guitouni donne son analyse de la portée de l'événement:

    « Le 7 novembre 1987, n'écoutant que son devoir, assumant ses responsabilités, faisant fi des dangers, Zine el-Abidine Ben Ali décidait d'opérer les transformations nécessaires à la sauvegarde de l'État et de la nation [...] Cet acte de courage, à la portée historique considérable, se passe dans le calme. Le changement s'opère en douceur, dans la légalité constitutionnelle. Il est accueilli avec soulagement. Les historiens pourront retenir cette date du 7 novembre 1987 comme étant celle du véritable coup d'envoi d'une renaissance pour la Tunisie, car elle a été le point de départ d'une nouvelle orientation qui reposait sur la confiance dans le peuple. »

Pour Mezri Haddad, ce fut simplement « un acte de salubrité publique ». Pourtant, dans leur livre Notre ami Ben Ali, les journalistes Nicolas Beau et Jean-Pierre Tuquoi donnent une autre version des événements :

    « Sept médecins dont deux militaires, sont convoqués en pleine nuit, non pas au chevet du malade [Bourguiba] mais, là encore, au ministère de l'intérieur. Parmi eux se trouve l'actuel médecin du président, le cardiologue et général Mohamed Gueddiche. Ben Ali somme les représentants de la faculté d'établir un avis médical d'incapacité du président. « Je n'ai pas vu Bourguiba depuis deux ans » proteste un des médecins. « Cela ne fait rien ! Signe ! » tranche le général. »
















  • 21e anniversaire du Changement: “Les élections de 2009 se dérouleront dans la transparence, et reflèteront la volonté populaire”, assure le président Ben Ali

. Signature officielle du pacte national de la jeunesse et annonce d’une stratégie nationale de la jeunesse pour la période 2009-2014

Dans un message prononcé le 7 novembre à Tunis, à l’occasion du 21è anniversaire de son accession à la magistrature suprême, le président tunisien; Zine El Abidine Ben Ali a assuré que les élections générales prévues en 2009, se dérouleront dans la transparence et l’intégrité; “Nous oeuvrerons à assurer toutes les conditions de réussite, pour illustrer le degré de maturité atteint par notre peuple et le niveau d’évolution qui caractérise la vie politique dans notre pays, sur la voie de la démocratie et du pluralisme. Nous assurerons à ces élections toutes les conditions requises pour qu’elles se déroulent dans un climat de transparence, de respect de la loi et de comportement civique élevé”, a notamment déclaré le chef de l’Etat tunisien. Rappelant avoir “invariablement veillé à promouvoir la loi électorale, en vue de conforter les droits des candidats et de garantir la bonne marche et l’intégrité du scrutin”, le président Ben Ali a annoncé comme mesures supplémentaires visant à consolider ces droits, la révision du mode d’organisation, d’enregistrement et de diffusion à la radio et à la révision publiques tunisiennes, des interventions des candidats aux élections présidentielle et législatives, en confiant au président du Conseil supérieur de la communication ou à son représentant mandaté, de s’assurer du respect de la loi. Tout candidat dont l’enregistrement aurait été jugé contraire de loi et interdit de diffusion, pourra faire appel de cette décision devant le tribunal, a ajouté le président. M. Ben Ali a, également, annoncé une prorogation des délais impartis au conseil constitutionnel pour statuer sur le contentieux des élections législatives, afin, a-t-il dit, d’assurer à cette instance “une période raisonnable pour pouvoir trancher sur les requêtes, sans préjudice du principe de diligence de prise de décision aux fins de sauvegarder la crédibilité du scrutin et de satisfaire à la spécificité des litiges électoraux”.

“Nous avons la ferme détermination de continuer à faire évoluer la vie politique dans notre pays, en vue de conforter davantage la démocratie”, a poursuivi le président qui, après avoir rappelé les mesures prises constamment pour promouvoir les libertés publiques et en particulier, la liberté d’expression, a dit compter sur l’attachement à l’éthique des “gens de la profession” journalistique pour garantir la liberté et “les attributs du comportement démocratique auquel certains viennent, parfois, à faillir, tout particulièrement parmi les intrus à la profession et les professionnels de la désinformation”, en diffusant des allégations mensongères et en portant atteinte aux intérêts supérieurs du pays”.

Le discours présidentiel a été également marqué par l’annonce de l’élaboration d’une stratégie en matière de politique de jeunesse, pour la période 2009-2014, “permettant d’identifier les objectifs futurs et d’harmoniser davantage les activités sectorielles destinées aux jeunes, en procédant à une ventilation adéquate des financements en conformité avec les priorités à venir, en prenant en considération les suggestions avancées par les jeunes, au cours de ce dialogue (le dialogue national avec la jeunesse lancé le 21 mars par le Président Ben Ali, NDLR), et en ouvrant la voie à une participation plus large à la vie associative et politique”.

“Les jeunes sont le pilier du changement. C’est pour eux que nous oeuvrons; c’est avec eux que nous réfléchissons et c’est grâce à eux que nous construisons l’avenir”, a déclaré le président. “. Je suis confiant en la jeunesse tunisienne, toutes catégories confondues; cette jeunesse éduquée et lucide, ouverte, solidaire et engagée au service de la gloire de la Tunisie”, a-t-il encore ajouté, dans ce discours suivi de la signature officielle par des représentants de la jeunesse tunisienne, du Pacte national de la jeunesse rédigé par les jeunes à l’issue du dialogue national.

Le volet économique a également été abordé par le président tunisien. Rappelant la pertinence des choix opérés en la matière, et qui ont permis à la Tunisie de résister à différents aléas dont la crise financière mondiale actuelle, le président tunisien a annoncé la poursuite de sa politique anticipative et prospective, avec, entre autre, “la création d’un centre de recherches et d’études financières et monétaires, sous la tutelle de la Banque centrale de Tunisie, qui procède au suivi des développements internationaux, à la réalisation d’études et de recherche prospective, à l’analyse de leur impact sur l’économie nationale, et à la présentation des suggestions qui s’imposent”. Ben Ali a aussi annoncé une prochaine révision de la loi régissant les institutions financières traitant essentiellement avec les non-résidents, afin “de favoriser la polarisation d’institutions financières de renom mondial”, nécessaire à la réussite du projet présidentiel visant à faire de la Tunisie une place financière régionale.

De nombreuses autres mesures ont été annoncées par le président tunisien, pour améliorer la compétitivité de l’économie nationale, faciliter davantage la création d’entreprises, et multiplier les créations d’emplois. S’appuyant sur les résultats de la consultation nationale sur l’emploi qu’il avait lancée cette année, le président tunisien a annoncé “une réforme approfondie de la politique active de l’emploi, afin de mieux l’orienter en direction des catégories qui sont en butte à des difficultés spécifiques d’insertion”. Le chef de l’Etat a décidé, dans cette optique, d’établir des programmes spécifiques à l’intention des demandeurs d’emplois parmi les titulaires de diplômes de l’enseignement supérieur dont le chômage perdure, et cela en partenariat avec les entreprises économiques et le tissu associatif. Pour favoriser un surcroît de création de petites et moyennes entreprises, M. Ben Ali a décidé de faire doubler le capital de la Banque de financement des Pme. Parallèlement, l’avance consentie au titre des marchés publics confiés aux Pme a été majorée de 10% à 20%, “en vue de renforcer leur aptitude à faire face aux aléas et à préserver leurs positions sur le marché tunisien et les marchés extérieurs”.

Rappelant les nombreux acquis du pays dans tous les domaines, notamment dans celui des infrastructures, et qui ont permis à la Tunisie “de hisser de 29% en 2006 à 35% en 2008, l’indicateur de rattrapage du cortège des économies des pays membres de l’OCDE”, le président tunisien a clos son propos par un engagement renouvelé à continuer à hisser son pays aux niveaux les plus élevés. “Les difficultés ne nous empêcheront pas de poursuivre notre œuvre de réforme et de construction, avec un esprit de défi et la volonté de gagner les paris engagés”, a-t-il souligné.



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