- Politique -
Politique intérieure
Le président de la République tunisienne est élu tous les 5 ans au suffrage universel et il peut se présenter aux élections autant de fois quil veut pour autant quil ait moins de 75 ans. Zine El-Abidine Ben Ali, lactuel détenteur du poste, est élu le 24 octobre 2004 pour un quatrième mandat. La Tunisie ne connaît que 2 présidents au cours de son histoire moderne : Habib Bourguiba (25 juillet 1957-7 novembre 1987), avec comme premiers ministres Bahi Ladgham, Hédi Nouira, Mohamed Mzali, Rachid Sfar et Zine El-Abidine Ben Ali, puis Ben Ali (depuis le 7 novembre 1987) avec comme premiers ministres Hédi Baccouche, Hamed Karoui et Mohamed Ghannouchi. Le pouvoir législatif, bicaméral depuis 2002, est exercé par la Chambre des députés, composée de 189 députés (dont 37 de lopposition) élus au suffrage universel, et par la Chambre des conseillers (qui tient sa séance inaugurale le 16 aout 2005) qui comprend 112 membres.
La constitution actuelle est celle qui est proclamée le 1er juin 1959, 3 ans après lindépendance. Elle est modifiée à 2 reprises : le 12 juillet 1988 pour la limiter le nombre de mandats présidentiels à 3 (après que Bourguiba se soit fait proclamer président à vie) et le 1er juin 2002 suite au référendum tenu le 26 mai de la même année : elle permet notamment la suppression de la limite du nombre de mandats présidentiels, allonge lâge limite pour déposer une candidature à la présidence, instaure une immunité judiciaire pour le président (durant et après lexercice de ses fonctions) et instaure un parlement bicaméral.
Le RCD, parti au pouvoir, fut durant 25 ans le seul parti politique légal - alors qu'il portait le nom de PSD - et domine toujours la vie politique avec plus de 2 millions d'adhérents revendiqués. La scène politique du pays compte actuellement 6 partis politiques d'opposition légaux, 20 % des 182 sièges de la Chambre des députés leur étant réservé.
Le manque de transparence politique, la faible liberté d'expression et la censure (notamment de la presse et de nombreux sites Web) font qu'une situation politique précise de la Tunisie est difficile à déterminer. De nombreuses ONG internationales pointent du doigt les atteintes aux droits de l'homme en Tunisie notamment en ce qui concerne les atteintes à la liberté dexpression, les prisonniers politiques et d'opinion détenus, l'instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif, la torture et la situation dans les prisons tunisiennes, ainsi que le harcèlement de toute dissidence politique.
Politique Extérieure
Le premier président, Habib Bourguiba, choisit le non-alignement durant la guerre froide tout en ayant des relations étroites avec l'Europe et les États-Unis. Son successeur, Zine El-Abidine Ben Ali, maintient la tradition tunisienne de bonnes relations avec l'Occident tout en jouant un rôle actif dans les instances régionales arabes et africaines : le pays accueille, en mai 2004, la 16e session ordinaire du sommet de la Ligue arabe (dont elle est membre depuis 1958) et envoie régulièrement de laide humanitaire aux Palestiniens et aux États arabo-musulmans en crise comme le Liban, en 2006, ou lIndonésie après le tsunami du 26 décembre 2004 Le pays est également un membre fondateur de lOUA, dont elle assure la présidence en 1994-1995, avant de participer à la fondation de lUnion africaine en juillet 2002. La Tunisie a également soutenu le développement de l'Union du Maghreb arabe qui inclut l'Algérie, le Maroc, la Mauritanie et la Libye. Toutefois, ses progrès restent limités en raison de tensions entre l'Algérie et le Maroc à propos du Sahara occidental. En février 2001, la Tunisie adhère à la Communauté des États sahélo-sahariens et accueille le siège de la Banque africaine de développement en 2003.
Le pays est depuis longtemps une voix modérateur sur la question du Proche-Orient : Bourguiba est ainsi le premier dirigeant arabe à appeler à la reconnaissance d'Israël par les pays arabes dans un discours prononcé à Jéricho le 3 mars 1965. Le pays abrite le quartier général de la Ligue arabe de 1979 à 1990 ainsi que celui de l'OLP de 1982 à 1993 (jusqu'à ce que son comité exécutif s'installe dans les Territoires occupés bien que son département politique reste à Tunis). Le pays joue également un rôle modérateur dans les négociations de paix au Proche-Orient : la Tunisie est le premier pays arabe à recevoir une délégation israélienne en 1993, dans le cadre du processus de paix, et maintient une représentation en Israël jusqu'au début de la seconde Intifada en 2000.
Coincée entre l'Algérie et la Libye, la Tunisie a toujours cherché à maintenir de bonnes relations avec ses voisins malgré des tensions occasionnelles. La Tunisie et l'Algérie ont résolu une longue dispute frontalière en 1993 et ont coopéré dans la construction du gazoduc transméditerranéen menant vers l'Italie. La Tunisie a par ailleurs récemment signé un accord avec l'Algérie pour démarquer la frontière maritime entre les 2 pays. Vis-à-vis de son autre voisin, les relations avec sont plus difficiles à partir de l'annulation par la Tunisie d'un accord visant à la formation d'une union tuniso-libyenne en 1974. Les relations diplomatiques sont rompues entre 1976 et 1977 puis se détériorent à nouveau en 1980 lorsque des rebelles appuyés par la Libye tentent de prendre la ville de Gafsa. En 1982, la Cour internationale de justice tranche le différend relatif à la partition du plateau continental frontalier (riche en pétrole) en faveur de la Libye. L'explusion par la Libye de nombreux travailleurs tunisiens en 1985 et les menaces militaires américaines conduisent la Tunisie à restreindre leurs relations qui sont à nouveau normalisées dès 1987. Tout en soutenant les sanctions de l'ONU imposées à la Libye, à la suite de bombardements aériens américains, la Tunisie prend soin de maintenir de bonnes relations avec son voisin. Elle soutient ainsi la levée de ces sanctions en 2003, la Libye redevenant ainsi l'un de ses partenaires commerciaux majeurs. Néanmoins, les 2 pays ont encore un contentieux maritime sur leur frontière commune.
La Tunisie revendique également sa dimension méditerranéenne. Elle participe ainsi au Forum méditerranéen, dont elle organise lédition 2005, et devient le premier pays du bassin méditerranéen à signer, le 17 juillet 1995, un accord dassociation avec lUnion européenne dans le but de renforcer son ancrage à lEurope. Avec son plus proche voisin européen, Malte, la Tunisie discute actuellement de l'exploitation pétrolière du plateau continental qui se trouve entre les 2 pays.
Laction politique de la Tunisie dépasse pourtant les frontières régionales. Lors d'un discours prononcé devant l'Assemblée générale de l'ONU en 1999, le président Ben Ali appelle à la création dun Fonds mondial de solidarité (en sinspirant du Fonds de solidarité nationale) visant à contribuer à la lutte contre la pauvreté dans les zones les plus déshéritées dans le monde. LAssemblée générale adopte à lunanimité, le 20 décembre 2002, une résolution portant création de ce fonds et instaurant les modalités pratiques requises pour sa mise en place.
