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Jerba

Djerba/Jerba


Djerba, parfois orthographiée Jerba (جربة), est une île de 514 km² (25 kilomètres sur 20) située dans le golfe de Gabès (appelé aussi « petite Syrte ») au sud-est de la Tunisie. Il s'agit de la plus grande île des côtes d'Afrique du Nord. Sa principale ville, Houmt Souk, compte à elle seule 44 555 habitants.

Ulysse l'aurait traversée, les Carthaginois lui donnèrent le nom de Meninx et la transformèrent en haut lieu d'échanges du bassin méditerranéen. Plus tard, l'île accueille des réfugiés juifs après la destruction du Temple de Jérusalem. Au milieu du IIIe siècle, une basilique y est construite dans ce qui est alors l'évêché de Girba. Chrétienne, vandale, byzantine puis arabe, Djerba est depuis les années 1960 une destination touristique populaire pour les touristes européens. Il s'agit de l'une des dernières régions de Tunisie où une langue berbère, le chelha, est encore parlée.

Elle est reliée au continent par un bac, assurant la traversée entre Ajim et Jorf, et par une voie de sept kilomètres remontant à l'époque romaine et reliant l'extrémité sud-est de l'île à la péninsule de Zarzis.

 - Géographie -
Site

L'île, qui est rattachée au gouvernorat de Médenine, est très proche du continent par deux avancées de part et d'autre de Jorf et Ajim à l'ouest et de Zarzis et El Kantara à l'est. Par ailleurs, l'extension de la plage de Mezraya (Sidi Mahrez) forme une presqu'île, Ras R'mal, qui est l'un des sites touristiques importants de l'île. Du côté de Zarzis, l'île est reliée au continent par un pont de 7,5 kilomètres qui remonte à l'époque romaine et qui a été goudronné sous le protectorat français.

La superficie de l'île est voisine de 514 km² : sa plus grande longueur est de 29,5 kilomètres et sa plus grande largeur de 29 kilomètres. Ses côtes, qui s'étendent sur 125 kilomètres, présentent un tracé très irrégulier avec les péninsules d'Ajim, de Ras Terbella et de Borj El Kastil qui marquent les points les plus rapprochés du continent dont l'île est séparée par le canal d'Ajim, large de deux kilomètres, et celui d'El Kantara qui est large de six kilomètres. Le canal d'Ajim accueille deux îlots qu'on appelle Elgataia Kebira et Elgataia Sghira.


Jadis rattachée au continent, Djerba s'apparente beaucoup par la régularité de sa topographie et de sa structure géologique au relief tabulaire qui marque le littoral méridional de la Tunisie. La topographie en escalier alterne des secteurs élevés et d'autres en dépression dont la surface est modelée par une morphologie dunaire. Le littoral est caractérisé pour sa part par des côtes basses, les plages s'étendant principalement entre Ras R'mal et Borj El Kastil. L'altitude moyenne est de 20 mètres et c'est dans la partie méridionale de l'île que se trouve le point culminant situé à Dhahret Guellala (53 mètres). À ce niveau, l'île est traversée par un accident topographique majeur (15 mètres de dénivellation sur 15 kilomètres de long).

Djerba est entourée de hauts fonds — la bathymétrie à proximité de l'île est presque toujours inférieure à -10 m et l'isobathe de -5 m n'apparaît au large de la côte méridionale et septentrionale qu'au-delà d'une dizaine de kilomètres de la côte toutefois perturbés au large de la côte méridionale par l'existence d'un certain nombre d'oueds (courants marins) qui sillonnent les canaux d'Ajim et d'El Kantara, les profondeurs dépassant à certains endroits les 20 mètres.

 - Climat -

Le climat de Djerba est de type méditerranéen mais à tendance semi-aride car il se trouve au carrefour des masses d'air méditerranéennes et sahariennes. Ainsi, la température annuelle moyenne est de 19,8 °C, les moyennes mensuelles ne dépassant guère 30 °C ni ne descendant au-dessous de 8 °C. En été, la moyenne maximale atteint 32,7 °C mais se trouve atténuée par la brise marine alors qu'en hiver, les moyennes mensuelles sont supérieures à 12 °C. On parle ainsi de « cinquième saison » à Djerba et Gustave Flaubert écrit dans son roman Salammbô : « L'air est si doux qu'il empêche de mourir. »

Au niveau des précipitations, Djerba est la région la plus arrosée (248,8 millimètres) de toutes les régions au sud de Sfax, la moyenne des jours pluvieux se montant à 40 par an[3]. Plus de 60 % des précipitations se concentrent entre les mois de septembre et décembre avec un maximum en octobre (28% du total annuel)[3]. Néanmoins, l'essentiel de la moyenne annuelle peut se répartir sur trois à quatre averses seulement[3]. La saison sèche débute en avril et l'été voit rarement la pluie tomber.

Suivant les saisons, Djerba connaît des vents dominants de directions différentes. De novembre à mars, ce sont les vents d'ouest qui dominent avant d'être remplacés de mars à la mi-juin par le sirocco, vent chaud s'accompagnant souvent de tourbillons de poussière. Avec l'arrivée de l'été dominent les vents d'est porteurs de fraîcheur.

Ces conditions permettent la culture de nombreux oliviers, dont les familles d'agriculteurs récoltent les fruits en automne, de grenadiers, de palmiers-dattiers — R'tab, Lemci et Matata sont des variétés appréciées par les Djerbiens —, de figuiers, de pommiers, d'amandiers et de figuiers de Barbarie aux fruits épineux mais très appréciés qui bordent les routes (souvent plantés sur les haies, appelées tabias, à titre de protection) et les champs.

 - Structure de l'espace -


Les Djerbiens, ayant eu à subir des attaques répétées venant de la mer, se sont éloignés de la côte et dispersés dans la campagne : le bâti est donc isolé et dispersé et se structure selon une organisation hiérarchique de l'espace basé sur le menzel — terme signifiant « maison » en arabe littéral et décrivant les espaces résidentiels et fonctionnels dans lesquels vivent les familles — qui en constitue la cellule de base et la mosquée qui en est l'élément fédérateur. Il est formé d'une ou de plusieurs unités d'habitation (houch) et de vergers, champs ou atelier de tissage, greniers, puits et citerne. Entouré de haies (tabia), il est organisé selon un principe défensif. Toutefois, le développement du tourisme international dans l'île dès les années 1960 a engendré une modification dans l'organisation traditionnelle de l'espace insulaire. Ce phénomène semble avoir anéanti l'espace central de l'île au profit d'une partie des côtes. Le centre reste marginalisé économiquement et à l'écart des principales voies de communication même si plusieurs routes ont été goudronnées au cours des années 1990 et si le phénomène n'est pas propre à Djerba. Cependant, cette partie centrale tend à être partiellement revalorisée par les habitants qui y construisent des résidences principales de type pavillonnaire[2].

 - Histoire -

Antiquité

Djerba est connue depuis l'Antiquité : la légende veut qu'elle soit l'île des Lotophages décrite dans L'Odyssée d'Homère, ce qui l'amène à être souvent appelée Lotophagitis grec ancien Λωτοφαγῖτις ou Λωτοφάγων νῆσος). L'île est ensuite connue sous le nom de MeninxΜῆνιγξ) jusqu'au III eme siècle .

Les Romains l'occupent temporairement lors de l'expédition du consul Caius Sempronius Blaesus en 253 av. J.-C.. On sait que l'île compte alors deux villes : Meninx et Thoar. L'île abrite par la suite trois centres urbains principaux. L'un d'entre eux, dont le nom moderne est Henchir Bourgou, a été découvert à proximité de Midoun (centre de l'île). On y trouve les vestiges d'une grande ville datant du IVe siècle av. J.-C. signalés par de hauts monticules — appelés « Roches de Bourgou » — et la présence importante de poteries ainsi que par une imposante tombe appartenant probablement à un membre d'une famille royale numide. Un autre centre, sur la côte sud-est, était un important site de production de colorants à base de murex. Il est cité par Pline l'Ancien comme occupant le second rang dans ce domaine derrière la cité de Tyr. Par ailleurs, de substantielles quantités de marbre coloré découverts sur place témoignent de sa richesse. Au IIIe siècle, ce centre semble avoir été appelée Girba, nom d'où serait venu le nom de l'île. Un troisième centre important, probablement l'ancienne Haribus, se trouvait sur la côte méridionale à proximité du village de Guellala.

Les empereurs romains Trébonien Galle et son fils Volusien sont natifs de l'île et deux de ses évêques ont laissés leurs noms dans l'histoire : Monnulus et Vincent qui assistent aux conciles de Carthage en 255 et 525[6]. Les ruines de leur cathédrale peuvent être identifiées dans le sud-ouest de l'île.

En 665, Djerba tombe aux mains des Arabes dirigés par Ruwayfa ibn Thâbit pendant la campagne de Byzacène commandée par Muawiya Ben Hudaydj. L'île adopte alors les croyances kharidjites. Au XIe siècle, l'île devient indépendante, suite à l'invasion de l'Ifriqiya par les Hilaliens, et se convertit à la piraterie. Elle est reprise par Ali Ben Yahya en 1115-1116 (année 509 de l'hégire).

Moyen Âge

Période catalane

Durant le Moyen Âge, les chrétiens de Sicile et d'Aragon disputent leur possession aux ibadites locaux. De cette période subsistent de nombreuses petites mosquées (dont des mosquées souterraines), dont les premières datent du XIIe siècle, ainsi que deux forts imposants. L'île est contrôlée à deux reprises par les Normands menés par le roi Roger II de Sicile (1135-1158 et 1284-1333), périodes interrompues par une invasion almohade en 1160. En 1154, les habitants se rebellent mais les Normands écrasent la révolte dans le sang. Durant la seconde période, l'île devient un domaine féodal dirigés par une succession de seigneurs : Roger Ier (1284-1305), Roger II (1305-1310), Charles (1310) et Francis-Roger III (1310). Des gouverneurs royaux sont également nommés tels que Simon de Montolieu (vers 1305-1308) et Ramon Muntaner (1308-1315). En 1286, les Catalans prennent les Kerkennah qui deviennent une seigneurie pour la famille de Roger de Lauria. Ce dernier fait construire à Djerba une forteresse en 1289, près de l'antique Meninx, qui est appelée Castelló et plus tard Borj Kastil.

Les tentatives de révolte de la part des habitants de l'île et des Tunisiens forcent le roi Frédéric II de Sicile à incorporer Djerba à la Sicile en 1309 et à nommer Muntaner comme dirigeant de l'île. En 1311, il y aura une famine durant plusieurs mois et l'île se révolte avec l'aide des Tunisiens du continent dont les Hafsides menés par Abû Yahyâ Abû Bakr al-Mutawakkil.

Les Catalans abandonnent l'île pendant leur guerre contre les Castillans (1334-1335). Ils la reprennent en 1383 avec l'aide d'une flotte gênoise mais ne la conservent que jusqu'à la fin de l'année 1392. De nouvelles attaques des Siciliens en 1424 et 1432 sont repoussées avec l'aide du souverain hafside Abû Fâris `Abd al-`Azîz al-Mutawakkil. Les musulmans construisent une forteresse dans le nord de l'île, à côté des ruines de l'antique Girba, qu'ils appellent Borj El Kébir. La ville de Houmt Souk grandira aux alentours.

Période hafside

En 1480, les habitants de l'île se révoltent contre le souverain hafside Abû `Umar `Uthmân et prennent le contrôle de la chaussée romaine qui relie l'île au continent. Les luttes internes entre Wahbiya et Nakkara, deux factions des ibadites, qui dominent dans le nord-ouest et le sud-est de Djerba, n'arrêtent cependant pas le progrès économique de l'île. Les habitants paient alors un tribut au souverain mais restent indépendants.

Périodes ottomane et espagnole
Article détaillé : Bataille de Djerba.

Vers 1500, l'île passe sous occupation ottomane. En 1511, elle est attaquée par les troupes du royaume d'Espagne, placées sous le commandement de Pedro Navarro, pour y établir une forteresse qui assurera les conquêtes d'Oran, Bougie, Alger et Tripoli. En 1513, elle est pillée par les Gênois.


Djerba est occupée par l'Espagne de 1521 à 1524 et de 1551 à 1560. Elle devient ensuite la base temporaire du corsaire et amiral ottoman Khayr ad-Din Barberousse. De 1524 à 1551, l'île est l'une des principales bases des corsaires ottomans et nord-africains conduits par Dragut. C'est dans ce contexte de rivalité entre Ottomans et Européens pour le contrôle de la Méditerranée qu'une bataille navale oppose au large de l'île, du 9 au 14 mai 1560, la flotte ottomane menée par Piyale Pacha et Dragut à une flotte européenne principalement composée de navires espagnols, napolitains, siciliens et maltais.

En 1568, le pacha de Tripoli s'y présente pour demander un grand tribut et l'île est prise par Ibrahim en 1598. Pendant le XVIe siècle et le début du XVIIe siècle, l'île dépend alternativement des gouverneurs d'Alger, de Tripoli ou de Tunis jusqu'à ce que Hammouda Pacha (gouverneur de 1631 à 1659) l'incorpore définitivement au royaume de Tunis. En 1705, avec l'établissement de la dynastie des Husseinites, le bey de Tunis est dorénavant représenté sur l'île par un cheikh et des caïds recrutés parmi les plus importantes familles locales. La plus importante d'entre elles est la famille Senumeni, au XVIe siècle, puis celle des Bel Djelloud. L'un des membres de cette famille, Saïd, fera utiliser tous les navires de l'île pour empêcher que Younès, fils d'Ali I Bey, puisse se rendre sur l'île, ce qui lui coûtera la vie. De la seconde moitié du XVIIe siècle aux XVIIIe et XIXe siècles, la famille dominante est celle des Ben Ayed.

À partir du XVIIIe siècle, le malékisme se répand sur l'île aux côtés de l'ibadisme et la langue berbère perd peu à peu de son importance face à l'arabe. Au XVIIIe siècle, on assiste à des incursions de la part des nomades Urghamma et Akkara provenant de la région du Djefarra. En 1705 et 1706, la peste fait ravage sur l'île et revient en 1809. En 1794, l'île est pillée par un aventurier nommé Ali Burghul durant 58 jours et, en 1864, elle est à nouveau attaquée par des nomades de la région de Zarzis. Cette même année, une nouvelle épidémie de peste et une révolte sont relevées. En 1846, Ahmed I Bey interdit l'esclavage, acte qui affecte l'économie de l'île qui est alors l'un des plus importants centres du commerce des esclaves en Tunisie, avec Gabès, où parviennent les caravanes d'esclaves venant des oasis de Ghadamès et Ghat. Le commerce se déplacera par la suite vers Tripoli.

 - Période moderne -

L'île reste sous la domination ottomane jusqu'en 1881, date à laquelle la Tunisie passe sous protectorat français avant d'accéder à l'indépendance en 1956.

En mars 1976, certaines rues d'Ajim sont transformées afin de servir de décor, les 2 et 3 avril, au tournage de La Guerre des étoiles. Des rues de Mos Eisley sont ainsi représentées. À 14 kilomètres au nord, le marabout de Sidi Jemour sert également de décor à Mos Eisley et Anchorhead.

Le 11 avril 2002, un attentat est commis contre la synagogue de la Ghriba. Un camion bourré d'explosifs saute à proximité de cette dernière : 21 personnes sont tuées, dont 14 Allemands, 5 Tunisiens et 2 Français, et d'autres blessées. Le gouvernement tunisien parle alors d'un accident mais les experts suggérèrent rapidement un attentat qui est revendiqué par la suite par Al-Qaida.
Article détaillé : Attentat de la Ghriba.


En 2004, Djerba compte 139 517 habitants répartis sur trois délégations qui correspondent à trois villes aux fonctions très différentes :

    * Houmt Souk, cité considérée comme la « capitale » de l'île et peuplée de 44 555 habitants
    * Midoun, centre le plus proche des activités touristiques
    * Ajim, ville plus en retrait par rapport à la dynamique insulaire

Ces délégations correspondent aux trois municipalités de Djerba Houmt Souk, Djerba Midoun et Djerba Ajim.

Ses habitants sont principalement des arabophones même s'il s'y trouve une grande communauté berbérophone (Kutamas, Nefzas, Hawwaras, etc.). La plus grande partie de l'île est ainsi occupée par des villages d'origine berbère comme Mezraya, Ghizen, Tezdaine, Wersighen, Sedouikech, Ajim et Guellala. Il existe par ailleurs une petite et très ancienne communauté juive qui descenderait des exilés de Jérusalem.

La population nombreuse et l'insuffisance des ressources locales, à l'origine de crises liées le plus souvent à de mauvaises récoltes, ont contribué à la mise en place d'un processus migratoire temporaire mais devenu petit à petit structurel et définitif. La grande majorité des Djerbiens qui quittent leur île travaillent dans le commerce en raison de la position stratégique de leur lieu d'origine. Même si la grande majorité d'entre eux restent dans un premier temps en Tunisie, où ils détiennent une position dominante dans le commerce alimentaire et de détail, les réformes du ministre Ahmed Ben Salah menées dans les années 1960, qui regroupèrent le commerce de détail en coopératives, poussent les Djerbiens à émigrer majoritairement en Europe et plus spécifiquement dans l'agglomération parisienne.

Parallèlement, la migration des Tunisiens du continent (majoritairement originaires des gouvernorats du sud et du centre ouest du pays) sur l'île s'est progressivement accrue et ces derniers représentent désormais près de 45 % des habitants et 60 % des actifs[4]. Dans ce contexte, ils concurrencent progressivement les Djerbiens sur leur marché de l'emploi.

 - Économie -

Djerba dispose d'une vingtaine de kilomètres de plages sablonneuses situées à l'extrémité nord-est de l'île. Jusqu'au début des années 1950, celles-ci ne sont fréquentées que durant la visite que les habitants rendent aux marabouts. Toutefois, avec l'arrivée du Club Méditerranée en 1954, le tourisme apparaît avec la construction du premier hôtel en 1961[2]. L'État tunisien est alors l'acteur principal par ses investissements comme par les avantages fiscaux et financiers consentis aux établissements touristiques.

Le tourisme prend véritablement son essor dans les années 1980 et devient la principale activité économique de l'île : le nombre d'emplois directs correspond à quelques 15 000 postes de travail souvent précaires car saisonniers alors que les emplois indirects sont évalués à quelques 55 000 postes. Les espaces permettent d'avoir de grandes unités hôtelières dont le taux d'occupation moyen est de 68 % en 1999, ce taux situant Djerba en seconde position parmi les sites touristiques tunisiens.

En 2005, la zone touristique s'étend sur plus de 20 kilomètres entre Aghir au sud et Houmt Souk au nord avec une capacité hôtelière passée de 8 300 lits en 1975 à 39 000 lits disponibles en 2002. Néanmoins, un grand nombre de lits n'est utilisé que durant l'été et le parc hôtelier vieillit, entraînant un tassement de la clientèle, notamment en raison des prix trop bas induits par la concurrence. Pour maintenir et développer l'activité, les acteurs locaux sont favorables à un enrichissement de l'offre par la création d'activités nouvelles (terrain de golf, casino, musée, thalassothérapie ou encore parc d'attractions).

La présence de l'aéroport international de Djerba-Zarzis  ouvert au trafic civil en 1970 mais existant déjà sous le protectorat français comme aéroport militaire  et constamment agrandi depuis et d'infrastructures routières l'île ne possédait qu'une soixantaine de kilomètres goudronnés avant 1960 contribue à en faire un centre touristique important et un générateur de croissance économique pour la région.


L'économie de l'île repose également sur les champs d'oliviers et les huileries associées. L'artisanat local, comme les poteries du village de Guellala, se développe en même temps que le tourisme. Les bijoutiers des souks de Houmt Souk excellent dans l'ornement des bijoux en argent émaillé et dans la fabrication des bijoux d'or en filigrane[7]. Enfin, la pêche locale — sautades de mulets et pêche à la gargoulette (amphore) de poulpes — profite d'eaux parmi les plus poissonneuses de la mer Méditerranée.

 - Culture -

Religion
Article détaillé : Synagogue de la Ghriba.
Mosquée de Medrajen à Mezraya : un exemple d'architecture ibadite
Mosquée de Medrajen à Mezraya : un exemple d'architecture ibadite

L'île est un centre de la secte islamique des ibadites. Ainsi, à trois kilomètres de Sedouikech, en direction d'El Kantara, se trouve l'une des mosquées souterraines de l'île où les ibadites une fois persécutés se réfugiaient pour pratiquer leur culte. Comme elle n'est plus utilisée pour le culte, elle peut être visitée librement. Entourée d'une oliveraie, on y accède par un escalier très raide et étroit qui conduit dans la chambre principale. À côté de la mosquée se trouve un grand réservoir qui alimente un puits également souterrain.

L'île abrite également une petite communauté juive tunisienne qui y vit depuis des siècles en bonne entente avec la majorité musulmane malgré le déclin démographique engendré par l'émigration vers Israël et la France depuis 1967. La synagogue de la Ghriba, située dans le village d'Er-Riadh (ex-Hara Sghira situé à 9 kilomètres au sud de Houmt Souk), est l'une des plus anciennes et des plus célèbres synagogues au monde.

Au début du XXe siècle, Djerba comptait, parmi une population d'environ 40 000 personnes, plusieurs centaines de catholiques français, italiens, grecs et maltais. Ces derniers gagnaient leur vie comme artisans et pêcheurs d'éponges. L'église catholique Saint-Joseph de Djerba, située en plein centre de Houmt Souk, a été réouverte officiellement et consacrée le 19 mars 2006. Il existe également une église grecque orthodoxe à proximité du port de Houmt Souk.

 - Sites -

Des fouilles archéologiques menées sous les auspices de l'Université de Pennsylvanie, l'Académie américaine à Rome et l'Institut national du patrimoine entre 1995 et 2000 ont révélé plus de 400 sites archéologiques incluant de nombreuses villas puniques et romaines.

L'île est reliée du côté sud au continent par un pont de 7,5 kilomètres de long et environ 10 mètres de large. Ce dernier remonte à l'Antiquité romaine, voire à l'époque punique. Le pont est par la suite submergé par la mer puis coupé vers 1551, lors des conflits entre Dragut et les Espagnols, avant d'être enfin reconstruit lors de la Seconde Guerre mondiale. Cette voie permet également d'y acheminer de l'eau, l'île ne possédant de source d'eau douce qu'à Mahboubine, où l'eau y est pompée à 80 mètres de profondeur, et Oualegh. En effet, un pipeline parcourt le pont et assure l'alimentation de l'île en eau sans laquelle le tourisme serait impensable.

Héritage du Moyen Âge, les côtes de Djerba sont parsemées de forts témoins de son passé mouvementé. Parmi eux on peut citer :

    * Borj El Ghazi Mustapha situé sur la plage de Houmt Souk ;
    * Borj El Kastil, ruines d'une forteresse bâtie en 1289 par le conquistador espagnol Roger de Lauria et située à environ 10 kilomètres d'El Kantara ;
    * Borj El Agrab, ruines d'une forteresse située près d'El Kantara ;
    * Borj Jilij situé entre Ajim et Mellita.

Plusieurs mosquées et Zaouias (Djerba en compte presque 400) avaient été construites le long des côtes de l'île. Elles étaient utilisées pour signaler l'arrivée de pirates/corsaires (par un système de fumée) aux habitants de l'île qui allaient s'abriter contre le danger éventuel. Certaines mosquées étaient construites comme des petites forteresses (exemple Jamâa Fadhloun), elles avaient un four, des citernes d'eau, etc. et permettaient de resister aux attaquants pendant une certaine période.

Le musée des arts et traditions populaires de Houmt Souk permet de découvrir les richesses folkloriques de l'île : costumes de divers groupes sociaux, bijoux fabriqués par les artisans juifs, exemplaires du Coran, ustensiles de cuisine, etc. Le musée de Guellala, ouvert en 2001, expose essentiellement le patrimoine djerbien. Avec plus de 4 000 m² d'exposition, il offre une série de pavillons indépendants développant chacun un thème (fêtes, traditions et coutumes, artisanat, mythes et légendes, musique traditionnelle, mosaïques ou encore calligraphie arabe). Il reçoit environ 100 000 visiteurs par an dont 30 % de Tunisiens.

Enfin, à proximité du phare de Taguermess, se trouve un parc à thèmes s'étendant sur 12 hectares : Djerba Explore. Il abrite un village traditionnel djerbien reconstitué, le Lella Hadhria Museum présentant quant à lui un panorama de l'art tunisien et du monde arabo-islamique, un circuit du patrimoine djerbien et la plus grande ferme aux crocodiles du bassin méditerranéen.

Djerba a des traditions très colorées et très variées dont plusieurs subsistent encore (exemples cérémonies de mariage qui peuvent durer jusqu'à sept jours et sept nuits), elles se taduisent dans une multitude de costumes traditionnels, des bijoux typiques (une fois le métier de bijoutier n'était exercé que par les habitants juifs de l'île et l'on trouve des bijoux identiques au Yemen et à Djerba), des chapeaux typiques à certains villages, une musique typique (la majorité des musiciens et chanteurs étaient une fois des noirs), une gastronomie variant d'un village à un autre, des accents variés voir des rites religieux différents. Jusqu'à il n'y a pas très longtemps, les différents groupes ethniques et religieux ne se mariaient pas entre eux bien que les relations entre les différents groupes étaient paisibles et harmonieuses.

 - Personnalités -

    * Chérif Alaoui, chanteur
    * Béchir Ben Yahmed, journaliste
    * Imed Ben Younes, footballeur
    * Salah Ben Youssef, homme politique
    * Riadh Bouazizi, footballeur
    * Férid Ghazi, écrivain
    * Menachem Mazouz, procureur général israélien
    * Sadok Mokaddem, homme politique
    * Héla Rokbi, animatrice sur Tunis 7
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