Sousse
Sousse (سوسة)
est une ville portuaire de l'est de la Tunisie, située à 143 kilomètres
au sud de Tunis, et ouverte sur le golfe d'Hammamet (mer Méditerranée).
«
Capitale » du Sahel tunisien elle est parfois surnommée la « perle du
Sahel » et chef-lieu du gouvernorat du même nom, la population de sa
municipalité atteint 173 047 habitants alors que son agglomération
avoisine les 400 000 habitants, ce qui fait d'elle la troisième
agglomération du pays après Tunis et Sfax.
- Étymologie -
Des
noms semblables peuvent être trouvés en Libye et au sud du Maroc. Souss
en marocain est synonyme de rief, ce qui désigne les nomades ou plus
généralement les campagnards. Toutefois, le terme de Sousse est ici
attribué à une ville à l'époque symbole de puissance et de sédentarité.
- Géographie -
Géographie administrative
La
municipalité de Sousse est divisée en 4 arrondissements municipaux[3] :
Sousse Nord, Sousse Sud, Sousse Médina et Sousse Riadh. Les deux
premiers sont créés le 11 février 1976 et les deux derniers le 19
février 1982.
- Histoire -
Si
les peuples de la mer se sont sans doute fixés antérieurement dans la
région de Sousse, c'est aux Phéniciens que l'on attribue le premier nom
connu de la ville. Au XIe siècle av. J.-C. apparaît le toponyme Hadrim
qui désigne, selon M'hamed Hassine Fantar[4], un enclos ou un quartier
d'habitation. Les vestiges archéologiques du site ne remontent
cependant guère au-delà du VIe siècle av. J.-C., période où Hadrim
passe sous l'autorité de Carthage et vit avec elle les guerres puniques
tout en maintenant une identité phénicienne comme l'attestent notamment
les pratiques funéraires locales. Après avoir perdu la bataille de
Zama, Hannibal Barca, qui a des propriétés dans les environs de Hadrim,
fait effectuer des travaux civils à ses soldats et est à l'origine de
la plantation de nombreux oliviers dans la région.
Hadrim se
libère progressivement de la tutelle carthaginoise en établissant des
relations économiques et diplomatiques directes avec Rome dont elle
prend le parti durant la Troisième Guerre punique. Après la destruction
de Carthage, les Hadrumétins deviennent, selon l'expression d'Appien,
les « amis du peuple romain » et la ville, rebaptisée Hadrumète
(Hadrumetum), devient une cité romaine privilégiée et libre. En 46 av.
J.-C., elle perd une partie de ses privilèges et se trouve frappée
d'une lourde amende lorsqu'elle choisit le camp des Pompéiens contre le
victorieux Jules César. À la fin du Ier siècle, Hadrumète est la
première cité africaine à bénéficier du statut de colonie honoraire qui
est attribué par l'empereur Trajan. En reconnaissance, des monuments
glorifiant le généreux empereur sont érigés : arc de triomphe, théâtre,
amphithéâtre, thermes, etc. La prospérité de la ville culmine au IIIe
siècle sous les règne de la dynastie des Sévères. Le commerce de
l'huile d'olive connaît un grand essor après que le fondateur de la
dynastie instaure une distribution gratuite et quotidienne d'huile à
Rome. La ville frappe même sa propre monnaie. Lorsqu'en 238, la ville
soutient l'« usurpateur » Capellien, elle soit subir la répression du
nouvel empereur Gordien II. Des monuments publics et des villas sont
rasés et le port autrefois si actif perd de son importance. La cité
retrouve une prospérité relative lorsqu'en 297 l'empereur Dioclétien
fait de Hadrumète la capitale de la nouvelle province de Byzacène qui
s'étend sur le centre du pays.
Quand en 439 les Vandales
chassent les Romains et détruisent l'enceinte de la ville, Hadrumète
prend le nom de Hunéricopolis tiré du nom de Hunéric (fils du chef
vandale). Elle végète pendant un siècle avant sa destruction par des
pillards venus du sud du pays et peu avant l'arrivée des troupes
byzantines. Le port, complètement ensablé, est remis en état par
l'empereur byzantin Justinien dont la ville prend le nom en 535
(Justinianopolis) et devient le chef-lieu de l'une des sept provinces
du diocèse d'Afrique. La période byzantine dure environ 135 ans.
Le
début de la période arabo-musulmane peut être fixée en 670, lorsqu'Oqba
Ibn Nafaa assiège la ville qui prend le nom de Sousse. Elle est d'abord
une agglomération pourvue en 787 d'un ribat et habitée essentiellement
par des ascètes chargés de la défense des côtes. Le vin, les jeux et la
musique sont proscrits. Le nouvel essor de Sousse vient du second
prince aghlabide Ziadet-Allah Ier qui dote la ville d'un chantier naval
(821) d'où partent les navires à la conquête de la Sardaigne (821), de
la Sicile (827) ou de Rome (846). Au IXe siècle, la ville s'est ouverte
et accueille des musulmans, des chrétiens et des juifs. Elle devient
alors la seconde ville de l'Ifriqiya et la première du Sahel. Durant la
période fatimide, la prospérité de Sousse ne souffre que modérément de
la fondation de Mahdia. La ville, qui exporte ses étoffes en Orient et
en Occident, est aussi une prospère cité oléicole. Jusqu'en 1159,
Sousse subit les assauts puis l'occupation des Normands. Mais sa
décadence, à partir du XIIe siècle, est surtout due à la promotion de
Tunis comme capitale sous le règne des Hafsides, à l'appauvrissement de
l'arrière-pays dont elle constitue le débouché maritime et, au XIIIe
siècle, à la concurrence des textiles exportés depuis l'Europe, période
durant laquelle des Génois s'installent à Sousse. La ville subit une
courte occupation espagnole entre 1537 et 1574.
Pendant l'époque
ottomane (1574-1881), la ville retrouve son importance. Sousse est
alors, au XVIIe siècle, le deuxième port de commerce du pays. Aux
brodeurs et tisserands s'ajoutent des artisans potiers qui exportent
leur production dans toute le bassin méditerranéen. À la fin du XVIIIe
siècle, la ville souffre des bombardements français (1770) et vénitiens
(1784 et 1786). La ville s'enfonce dans le déclin après 1864
lorsqu'elle se range contre Sadok Bey dans une insurrection
antifiscale. Elle passe, comme toute la Tunisie, sous le protectorat
français à partir de 1881. La création d'un nouveau port (1884) lui
redonne toutefois son rôle de débouché maritime des produits de la
steppe. La municipalité de Sousse est instituée le 16 juillet 1884.
- Architecture et urbanisme -
Le
flanc oriental de la médina est complété par un port agrandi à partir
de 1899. Plus au nord s'étend la ville nouvelle construite sous le
protectorat français et caractérisée par ses larges rues rectilignes et
sa promenade dominant la mer où s'alignent les hôtels en direction de
Port El-Kantaoui.
Médina
Article détaillé : Médina de Sousse.
Kasbah dominant les toits de la médina
Kasbah dominant les toits de la médina
La
médina de Sousse, tout comme celle de Tunis, est classée au patrimoine
mondial de l'Unesco. L'un des éléments qui la distinguent est
l'emplacement de la principale mosquée qui n'est pas au centre de la
ville. Comme le ribat, elle était chargée de protéger le bassin
artificiel de l'arsenal, ce qui explique son allure militaire.
Le
ribat a vu le jour durant le règne de la dynastie des Aghlabides (821)
mais, après l'édification des murs de la ville en 859, perdit peu à peu
sa fonction militaire. Alors qu'à l'étage se trouve une petite mosquée,
le sous-sol est aménagé en divers locaux et magasins alors que des
traces d'une presse à olive subsistent. L'imposante entrée flanquée de
deux piliers de style corinthien est conçue comme une double porte, ce
qui permettait de bloquer l'accès à la forteresse. Quant à la kasbah,
elle se situe dans la partie la plus haute de la médina et date de
l'année 844. En 853, un phare de 30 mètres de haut est baptisé du nom
d'un eunuque du souverain aghladide Ziadet-Allah Ier (Khalaf El Fatâ).
Aujourd'hui, c'est dans ses murs qu'est logé le Musée archéologique de
Sousse.
Remparts et portes
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Édifices religieux
Grande mosquée
D'après
la inscription figurant sur la façade intérieure en style kufi, la
Grande mosquée aurait été bâtie autour de l'an 236 de l'hégire (soit
entre 850 et 851) par le souverain aghlabide Aboul Abbas Ier. La salle
de prière a été agrandie en trois étapes entre 894 et 897 en direction
du mur de la qibla. Le pavillon coiffé d'une coupole situé à l'angle
nord du bâtiment et qui tient lieu de minaret est un ajout ultérieur,
contrairement à l'opinion de Creswell, de la première moitié du Xe
siècle. En effet, cette coupole est déjà mentionnée dans la biographie
du juge soussien El Hassan Ben Nasr El Soussî mort en 952 :
« À la période du marché annuel, lorsque les Kairouanais venaient au
ribat, il [le juge] avait l'habitude de s'asseoir sous la coupole
(qubba) de la Grande mosquée de Sousse à partir de laquelle on appelait
à la prière et d'où on dominait les portes permettant l'accès à la mer.
Lorsqu'il voyait un homme venir avec un jeune à ses côtés, il le
laissait venir. Si le jeune était avec son père ou un autre parent, il
le laissait passer. Quand il [le juge] suspectait [l'homosexualité], il
l'arrêtait de disposer librement du garçon.[5] »
Mosquée Bu Ftata
La
plus ancienne mosquée de la ville se trouve à proximité de la porte
sud, plus précisément à la lisière des souks. La mosquée Bu Ftata bâtie
entre 838 et 841 porte la plus ancienne inscription sacrée de style
kufi en Afrique du Nord sur la façade extérieure du bâtiment. Selon la
tradition suivie par le souverain aghlabide Aboul Affan, cette petite
mosquée mesure seulement huit mètres de côté et porte le nom de
l'affranchi Bu Ftata.
Médersa El Zaqqaq [modifier]
À
proximité de la Grande mosquée, dans la rue de Sicile où les quartiers
résidentiels de la médina rencontrent les souks, se trouve la médersa
El Zaqqaq qui est flanquée de sa propre mosquée surmontée d'un minaret
de style turc. Selon la tradition locale, cette ancienne école
porterait le nom de l'érudit marocain Ali ibn Kasim El Zaqqaq (mort en
1506 à Fès). Il est cependant probable que son nom provienne de celui
d'un érudit local moins connu, Abou Jaafar Ahmed El Zaqqaq, qui vécut à
la fin du IXe siècle. Les élèves étaient logés dans les petits
bâtiments de l'école et y étudiaient le Coran, la grammaire et la
rhétorique. À l'origine, il s'agissait sans doute d'une maison privée
qui, sous le règne des Hafsides, fut transformée en école.
- Culture -
Musées
Situé dans la kasbah, le Musée archéologique possède la deuxième collection de mosaïques après celle du Musée national du Bardo.
À
l'ouest de la ville, les catacombes forment un labyrinthe de 240
galeries souterraines se déployant sur 5 kilomètres et contenant 15 000
sépultures.
Festivals et événements
La
saison culturelle est marquée, chaque 24 juillet, veille de la fête de
la République, par le carnaval d'Aoussou. Longeant la plage et
remontant l'avenue Habib Bourguiba en direction de la médina, des chars
symbolisant l'environnement, l'enseignement ou encore les
communications défilent aux côtés de troupes folkloriques tunisiennes
et étrangères.
Enseignement
La
ville abrite l'Université de Sousse (anciennement connue comme
l'Université du Centre). On note aussi la présence d'un certain nombres
de lycées tel que le Lycée pilote, le Lycée de garçons, le Lycée
Tahar-Sfar (anciennement Lycée de jeunes filles), le Lycée 20 Mars, le
Lycée Abdelaziz-El-Bahi ou le Lycée El Jawhra.
- Politique -
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Le Conseil municipal se compose de 40 membres dont le président, un vice-président et 38 conseillers[6].
- Économie -
L'économie
de Sousse repose principalement sur l'activité industrielle, ses usines
fabriquant essentiellement du matériel de transport, des textiles et
des produits agroalimentaires (en particulier des sardines en boîte et
de l'huile d'olive).
Vue de la corniche
Vue de la corniche
Le
marché agricole du Sahel (oliveraies) et le tourisme notamment grâce
à sa position centrale par rapport à de nombreux sites historiques ou
balnéaires comme Port El-Kantaoui, Monastir, Hammamet, El Jem et
Kairouan représentent une autre part de l'économie locale.
- Transports -
La
ville de Sousse est desservie par une ligne de chemin de fer régional,
le Métro du Sahel, reliant Sousse à Monastir et Mahdia. La longueur
totale de la ligne est de 97 kilomètres.
- Sport -
L'Étoile
sportive du Sahel est l'association omnisports de référence de la
région du Sahel. Fondée le 11 mai 1925 et basée à Sousse (actuellement
à l'avenue Mohamed Karoui), elle comporte six sections de football,
volley-ball, basket-ball, handball, judo et lutte. Son équipe de
football est l'une des plus prestigieuses du championnat national et
joue au stade olympique. Elle est finaliste de la Ligue des Champions
de la CAF en 2004 et 2005 et vainqueur de cette même compétition en
novembre 2007.
Il existe d'autres associations sportives de
Sousse telles que le Stade soussien, une ancienne gloire du football
national dans les années 1960, l'Athletic club de Sousse ou encore la
Patriote de Sousse (fondée par les Français en 1903 et doyen des clubs
tunisiens) sans oublier l'Association féminine du Sahel (ASFS) qui
possède d'excellentes équipes de handball et de football féminins.
- Personnalités -
* Habib Ammar, ancien ministre
* Mohamed Ghannouchi, premier ministre
* Hamed Karoui, ancien premier ministre
* Raphaël Mezrahi, acteur comique français
* Georges Fenech, homme politique français
* Jasser Haj Youssef, musicien et compositeur
- Jumelages -
Sousse
a développé des relations de coopération avec des villes de plusieurs
continents via l'établissement de relations de jumelage:
* Sénégal Thiès (Sénégal) depuis 1965 (20 novembre)
* Slovénie Ljubljana (Slovénie) depuis 1967 (27 novembre)
* République tchèque Pode(brady (République tchèque) depuis 1969 (17 mai)
* France Boulogne-Billancourt (France) depuis 1977 (12 juillet)
* Allemagne Brunswick (Allemagne) depuis 1980 (10 septembre)
* Maroc Marrakech (Maroc) depuis 1982 (17 novembre)
* Algérie Constantine (Algérie) depuis 1984 (9 juin)
* Mauritanie Attar (Mauritanie) depuis 1989 (29 juillet)
* États-Unis Miami (États-Unis) depuis 1994 (10 mai)
* Oman Salalah (Oman) depuis 1994 (20 juin)
* Syrie Lattaquié (Syrie) depuis 1995 (29 juin)
* Turquie I.zmir (Turquie) depuis 2006 (15 mai)
* République populaire de Chine Weihai (République populaire de Chine) depuis 2007