Au palais de Carthage (la présidence tunisienne), les promoteurs émiratis, soucieux de placer leurs bénéfices issus de lenvolée des cours de lor noir, se bousculent. Et les Tunisiens rêvent dun développement à la Dubaï. Le projet dont tout le monde parle est bien «le projet du siècle». Grâce à une convention signée entre lÉtat tunisien et Sama Dubaï, filiale immobilière du groupe émirati Dubaï Holding, il est prévu lérection, sur les berges du lac sud de Tunis, dune nouvelle métropole qui donnerait à la capitale un nouveau cachet. Coût de ce projet : 11 milliards deuros. Soit le triple de tous les Investissements directs à létranger (IDE) réalisés par le pays depuis le démarrage en 1987 du programme de privatisation. Établi sur 830 hectares, ce projet herculéen comportera des tours gigantesques de plus de soixante étages, des mégacentres commerciaux, des complexes hôteliers rutilants, des banques, des espaces sportifs et culturels, des résidences au luxe féerique, des zones vertes, une marina, un port de plaisance Les travaux dont la première pierre a été posée le 6 août 2007 par le chef de lÉtat tunisien Ben Ali en présence du richissime Cheikh Mhamed Ben Rached Al-Maktoum, vice-président des Émirats arabes unis et propriétaire de Dubaï Holding, devraient générer quelque 140000 emplois. En attendant 2016, date prévue pour la fin des travaux, le rêve est désormais permis de voir poindre à lhorizon tunisois des gratte-ciel à larchitecture insolente venus dun Émirat qui nétait jadis quun simple port de pêche et un désert inhospitalier.