Nabeul (نابل) est une ville du nord-est de la Tunisie située au sud de la péninsule du cap Bon à 67 kilomètres au sud-est de Tunis.
Chef-lieu
du gouvernorat du même nom, elle constitue une municipalité de 56 387
habitants en 2004. En associant les villes voisines de Dar Chaabane,
Béni Khiar et El Maâmoura, elle forme une agglomération de 120 000
habitants. Avec Hammamet, elle forme une conurbation bipolaire de 185
000 habitants.
Nabeul
est l'une des plus importantes villes qui se succèdent le long de la
côte du golfe d'Hammamet. Son environnement est constitué de vergers et
de jardins. Grâce à sa plage de sable fin, sa mer limpide et son climat
méditerranéen, la région est une destination appréciée des touristes
européens.
- Histoire -
Dans
l'Antiquité, la ville porte le nom grec de Neapolis qui est composé de
nea (nouvelle) et polis (cité). C'est ainsi que l'appellent les Grecs
puis les Romains. La fondation de la ville remonte à au moins 2 400
ans. Le grec Thucydide la qualifie, à la fin du VIIe siècle av. J.-C.,
de comptoir carthaginois et lui confère le titre de ville d'Afrique du
Nord la plus anciennement mentionnée par les textes après Carthage.
Durant la guerre du Péloponnèse en 413 av. J.-C., qui oppose Sparte à
Athènes, les soldats de Sparte embarquent sur des navires qui
s'échouent sur les côtes de Cyrénaïque. Les citoyens de Cyrène décident
de les aider et leur fournissent des embarcations et des pilotes. Ils
font escale dans une ville du nom grec de Neapolis. C'est à cette
occasion que l'histoire enregistre, pour la première fois, le nom
antique de Nabeul. En 148 av. J.-C., Neapolis paie sa fidélité à
Carthage. En effet, la ville est prise et détruite par le général
romain Calpurnius Pison.
Au
début de l'occupation romaine, Neapolis sombre dans le déclin et
l'oubli pendant près d'un siècle. De plus, avec la conquête arabe, les
Byzantins détruisent la ville. Dès le XIIIe siècle, cette ville connaît
une renaissance qui a pour conséquence une certaine prospérité
économique.
Avec
le protectorat français, instauré en 1881, les Nabeuliens s'opposent
fortement à l'installation des entreprises coloniales et démontrent un
fort attachement à la culture de la terre. La ville de Nabeul est l'une
des premières villes de Tunisie, en 1909, à engager une généralisation
de l'enseignement et à émanciper la femme avec la création d'une école
primaire pour les jeunes filles musulmanes. Le mouvement nationaliste,
appuyé par des intellectuels locaux, voit la naissance de la cellule
locale du Néo-Destour en 1936.
- Économie -
L'économie
de la région s'articule principalement autour du tourisme, la grande
majorité des hôtels de la ville se trouvant en bord de mer. Parmi les
sites touristiques de la cité figurent le site romain de Neapolis
(situé à deux kilomètres du centre), le musée archéologique qui offre
des collections d'objets en céramique, des statues puniques datant du
VIIe siècle av. J.-C. et une importante collection de mosaïques
romaines provenant des sites de la région du cap Bon.
Le
marché hebdomadaire du vendredi matin attire de nombreux touristes et
habitants du cap Bon. Nabeul est également connue pour son agriculture
et, notamment à l'étranger, pour son artisanat.
- Artisanat - Nabeul
est réputée en Tunisie et à l'étranger pour la qualité artistique de
ses poteries, en particulier de ses assiettes peintes et de ses
faïences. Cette production est venue s'ajouter aux traditionnels
articles utilitaires crus et poreux ; elle est relancée pendant la
première moitié du XXe siècle grâce aux recherches des français
Tessier, Deverclos et du tunisois Chemla. Leurs efforts sont poursuivis
par les artisans des ateliers locaux car la profession se transmet de
père en fils. Plusieurs importants musées commencent à considérer avec
intérêt les productions comportant certaines signatures, notamment
celles de ces rénovateurs.
Quant
aux nattes, elles sont faites à base de jonc vert qui est normalement
récolté au début de l'été et qui a plusieurs couleurs qui vont du jaune
au vert en passant par le bordeaux et le bleu violacé. Il s'agit
d'abord de mettre une grille d'alfa qui ne doit pas être transformée
(c'est-à-dire qu'elle doit être à l'état brut). Ensuite, il faut
commencer le tissage en croisant le jonc avec l'alfa. Ce croisement
nécessite l'utilisation de ficelles de chanvre en remplacement des
cordelettes d'alfa. Les nattiers fabriquent des couffins de la même
manière. Tout le travail est effectué dans la squifa des maisons ou
dans les ateliers traditionnels.
Les
souks abritent également diverses productions locales ou provenant
d'autres régions du pays : cuivre, cuir et vêtement, chéchia, broderies
ou couffins.
La
ville de Nabeul est par ailleurs le seul lieu en Tunisie où l'on trouve
des figurines réalisées en sucre, confiserie préparée à chaque nouvel
an musulman. Offertes aux enfants et aux mariées, elles trônent
également sur les plats traditionnels de couscous. Obtenues à partir
d'un moulage et décorées ou peintes avec des colorants naturels, elles
sont ensuite déposées dans un plat creux et à pied, le mithred, au
milieu de bonbons, dragées et autres fruits secs.
- Agriculture -
La
culture des arbres fruitiers est axée sur les oranges, le citron Beldis
ainsi qu'une grande variété de fleurs. Ainsi, les Nabeuliens distillent
les fleurs et les oranges et les vendent en très grandes quantités. Une
grande partie de la production est destinée au marché local tunisien,
le reste allant à l'exportation.
- Personnalités -
* Dali Jazi, homme politique, juriste et politologue * Élie Kakou, humoriste et acteur
- Jumelage -
* Espagne Marbella (Espagne) * France Montélimar (France)