Tozeur (توزر)
est une ville du Jérid tunisien et le chef-lieu du gouvernorat du même
nom. Elle compte 32 400 habitants (recensement de 2004).
Située
au nord-ouest du Chott el-Jérid, elle se trouve à 450 kilomètres au
sud-ouest de Tunis. Il s'agit de l'une des oasis situées aux portes du
désert du Sahara. Tozeur est une ville avec un passé religieux
important et connue pour ses lettrés ; sa géographie contemporaine,
parsemée de marabouts, en témoigne.
L'une des parties de la
ville ancienne est construite en briques (valorisées aujourd'hui dans
un but touristique) faites d'un mélange de sable et d'argile. Les
maisons de l'un des plus vieux quartiers de Tozeur (Ouled El Hadef)
sont ainsi dotées de cette architecture, ses petites ruelles (datant du
XIVe siècle) formant un véritable labyrinthe. La ville est entourée
d'une palmeraie d'approximativement 1000 hectares, abritant quelques
400 000 arbres, autrefois irrigués par quelques 200 sources de Ras El
Aïoun aujourd'hui à sec par suite des nombreux forages modernes qui
désormais alimentent Tozeur.
- Histoire -
La
région connaît un peuplement ancien. Comme toute l'Afrique du Nord,
Tozeur a connu un fond berbère mais on n'en trouve guère de trace
aujourd'hui et la tradition locale ne le revendique pas : elle se
positionne sur une arabité qui fait le lien avec le Prophète. Elle
devient très vite un centre actif du commerce caravanier transsaharien
fréquenté par les Carthaginois.
Les Romains s'y installent en 33
av. J.-C., la ville prenant le nom de Thusuros, mais les vestiges de
cette époque sont rares. La ville devient un poste sur le limes
saharien spécialisé dans le commerce des dattes mais aussi des esclaves
(sur la voie romaine allant de Gabès à Biskra). De l'influence
chrétienne, il subsiste les vestiges d'une église reprise ensuite par
la mosquée al-Kasr (située à Bled al-Haddar).
Au XIIIe siècle,
la ville devient tardivement musulmane avec l'arrivée des Hafsides et
est dotée de deux mosquées. Elle se développe en dehors de sa palmeraie
et connaît un grand essor économique jusqu'à son apogée au XIVe siècle.
La municipalité est créée le 23 juillet 1888.
Tozeur reste une
ville de destination ou de passage pour de grandes caravanes jusqu'au
XIXe siècle, époque où elle se replie une vocation de production de
dattes. Avec le développement des villes minières voisines de Métlaoui
et Redeyef, vers les années 1950, Tozeur voit sa population diminuer. À
la production de dattes, dont les célèbres deglet nour, s'ajoute plus
récemment le développement du tourisme saharien comme ressource
économique. L'aéroport international de Tozeur-Nefta, mis en
exploitation en 1980, est voué aux charters et dessert tout le sud du
pays.
On doit à l'homme de lettres et mathématicien Ibn Chabbat
(né à Tozeur et mort en 1282) d'importants travaux sur la culture du
palmier et l'amélioration notable d'un système de répartition des eaux
de l'oasis : son plan du XIIe siècle est exposé au Musée des arts et
traditions populaires. Tozeur est par ailleurs la ville natale du poète
Abou el Kacem Chebbi.
- Curiosités -
* La palmeraie de Tozeur, couvrant un millier d'hectares, est la fierté
des agriculteurs locaux. Elle est composée de milliers de petits
jardins (en moyenne d'un demi-hectare) plus ou moins bien entretenus.
* Le musée Dar Cheraït abrite une collection de nombreuses uvres d'art
et d'ustensiles, témoignant de la vie des familles tunisiennes au cours
des différentes époques, mais elle est très peu centrée sur la vie
locale. * Le zoo du désert héberge toutes sortes d'animaux du
désert : serpents, scorpions, fennecs, gazelles, chacals, couple de
lions et l'immanquable chameau qui boit du Coca-Cola, curiosité locale
des touristes.