SIDI BOU SAID

Sidi Bou Saïd (سيدي بو سعيد)
est un village pittoresque de Tunisie situé à 20 kilomètres au nord-est
de Tunis. Il compte 5409 habitants (recensement de 2004).
Perché
sur une falaise dominant Carthage et le golfe de Tunis, il porte le nom
d'un saint : Abou Saïd. Il est desservi par le TGM.
- Histoire -
Les
Carthaginois puis les Romains auraient utilisé les hauteurs de l'actuel
Sidi Bou Saïd pour y établir une tour à feu. Une mosaïque de 6 mètres
sur 5 prouve d'ailleurs l'existence ancienne d'une villa romaine.
Au
XIe siècle, les hauteurs du village sont choisies par les Almoravides
pour la défense des côtes nord-est de la Tunisie. Des tours de guets et
des tours à feu y sont construites. Elles donnent d'ailleurs
l'appellation de la colline : Djebel Menara (« montagne du phare »).
Abou
Saïd, né en 1156 et originaire de Béja, enseigne dans la rue qu'il
habite à Tunis et qui a depuis conservé son nom. Vers la fin de sa vie,
il se retire sur le Djebel Menara, dans le ribat construit sur la
colline dominant le cap Carthage, pour monter la garde et y enseigner
le soufisme. Il est alors surnommé « maître des mers » à cause de la
protection que les marins naviguant à proximité du site pensent
recevoir. Il meurt en 1231 et est enterré sur la colline. Sa zaouïa
constitue sans doute le premier élément du village qui prendra son nom.
Des traces archéologiques repérées sur le versant nord laissent penser qu'un mur d'enceinte contourne alors le site.
Dès
le XVIIe siècle, le charme de ce village séduit la bourgeoisie
tunisoise qui y fait construire des demeures luxueuses. Il reçoit le
nom de Sidi Bou Saïd lorsqu'il devient le siège d'une municipalité en
1893. Le 28 août 1915, un décret est pris pour assurer la protection du
village, imposant le bleu et le blanc si chers au baron d'Erlanger et
interdisant toute construction anarchique sur le promontoire, faisant
de Sidi Bou Saïd le premier site classé au monde. Au cours du XXe
siècle, Sidi Bou Saïd attire nombre d'artistes, musiciens et écrivains,
dont Chateaubriand, Gustave Flaubert, Alphonse de Lamartine, André
Gide, Colette et Simone de Beauvoir. Michel Foucault y rédige
L'Archéologie du Savoir.
- Tourisme -
Les
maisons de Sidi Bou Saïd qui combinent l'architecture arabe et
andalouse sont d'une blancheur éclatante et aux portes bleues, sont
dispersées au hasard de ruelles tortueuses. Haut-lieu touristique aux
couleurs de la mer Méditerranée, classé depuis 1915, le site est
surnommé le « petit paradis blanc et bleu ».
Sidi Bou Saïd est également réputé pour ces cafés :
* le Café des nattes qui abritait les soirées de malouf organisées par les mélomanes du village
* le Café de Sidi Chabâane, voyant le jour vers la fin des années 1960, qui offre une vue sur le golfe de Tunis
* le Café de la place du village qui était le domaine réservé des vieux du village
Patrie
de la musique, le village accueille le Centre des musiques arabes et
méditerranéennes dans la demeure de Rodolphe d'Erlanger. Baron
franco-britannique à l'origine de la protection de la ville, il
contribue grandement à la notoriété du site en revalorisant
l'architecture tunisienne traditionnelle.
